TEL
EST PRIS…
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3
hommes + 1 femme / 10 mn
-
CATHY :
belle femme, style business-woman
-
BERNARD
: plutôt bel homme, apparence soignée
-
MIMILE :
50/60 ans, mégot au coin des lèvres, vêtu comme un clochard
- JACQUOT : jeune loubard. On devine qu’il n’est pas un monument d’intelligence !
La scène représente
l’intérieur d’un appartement vétuste.
Deux
pièces : un salon, occupant le côté cour, et une chambre occupant le côté
jardin. Pour plus de simplicité, la séparation entre le salon et la chambre
peut éventuellement être matérialisée par le jeu de lumières.
Dans le salon,
un meuble-bar, un canapé et un téléphone. Une entrée et une fenêtre censée
donner sur la rue.
Dans la chambre,
un lit très sobre.
DANS LE SALON
(En soirée. CATHY tourne en rond en montrant des signes d’énervement.
Quelques secondes. Soudain, trois hommes pénètrent dans la pièce :
BERNARD, en compagnie de MIMILE et JACQUOT. Ce sont eux que CATHY attendait avec
impatience)
CATHY
(aidant Bernard à retirer sa veste) : Enfin,
te voilà. Je commençais à croire que t’avais eu un pépin.
(BERNARD va au bar et se sert un whisky. Les deux autres types
restent plantés dans l’entrée, l’air ahuris)
BERNARD :
Ca m’a pris pas mal de temps pour recruter nos deux « collaborateurs »…
(CATHY
s’avance vers le bar tout en examinant MIMILE et JACQUOT du regard)
BERNARD :
Cathy,
je te présente Mimile et Jacquot. De vrais pros. (il
montre le canapé aux deux hommes)
Asseyez-vous, ne restez pas plantés devant la porte. Un whisky ? (les
deux hommes acquiescent)
Elle, c’est Cathy, mon associée.
CATHY :
Tu
leur as expliqué le « scénario » ?
BERNARD :
Je
leur en ai touché deux mots. Maintenant, faut voir si tout le monde est
d’accord sur le principe…
JACQUOT
(excité) :
Nous, si y’a du pognon, on y va ! Hein,
Mimile ? Pas vrai qu’on
y va ?
MIMILE :
Calme,
Jacquot, calme… Moi, avant de marcher dans la combine, j’aimerais avoir plus
de détails sur le « scénario » en question.
(BERNARD amène un verre de whisky à MIMILE et JACQUOT)
BERNARD :
Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, il s’agit d’un coup facile et
sans risques. Objectif : la fabrique de bijoux, rue Venel, où je bossais
jusqu’à aujourd’hui. Il suffit de s’introduire dans le bureau de la
directrice, d’emporter le coffre fort sur pied qui contient une grosse quantité
de blé, de le charger dans la fourgonette, et c’est bouclé.
MIMILE :
Mon
gars, ton histoire, là, c’est un vrai conte de fée. D’abord, comment on va
faire pour arriver jusqu’au bureau de la directrice ? Avant, doit
y’avoir une alarme, et quelques portes fermées à clef, non ? Tu nous
prends pour des super-héros ?
BERNARD :
Evidemment
qu’il y a une alarme et des portes verrouillées. Si je n’insiste pas plus là-dessus,
c’est parce qu’en dix minutes maxi, on devrait avoir franchi les obstacles.
CATHY :
Il n’y a pas si longtemps, j’étais la plus proche collaboratrice de Sonia,
la directrice. Je sais comment neutraliser l’alarme et j’ai récupéré un
double de toutes les clefs qui nous seront utiles.
MIMILE :
Une
serrure, ça se change…
BERNARD :
Pas
de soucis. J’ai vérifié discrètement avant-hier. Les clefs fonctionnent.
JACQUOT :
Yaoouuuh !! T’entends ça, Mimile ? Du gâteau, j’te dis, du gâteau !
MIMILE :
Je vais peut-être vous paraître un poil tatillon, mais, si tout doit se passer
aussi parfaitement que vous le dites, y’a quelque chose que je pige pas :
pourquoi avoir fait appel à nous ? Pourquoi partager en quatre ce que vous
pourriez partager en deux ?
BERNARD :
C’est par rapport au coffre. Il pèse dans les cent et quelques kilos, et il
faut être au moins trois gars pour le déplacer assez rapidement. On n’avait
pas d’autre choix que de s’associer à des types expérimentés.
MIMILE :
Et y’a combien de fric, dans ce coffre ?
BERNARD :
Cent-vingt
à cent-trente mille euros, entreposés en permanence.
JACQUOT :
Cent-trente mille euros ! Comme à la parade ! C'est pas de la
rigolade ! Cest pas comme casser des parcmètres ! C’est…
MIMILE :
Calme,
Jacquot, bon sang ! Pourquoi ne pas vider le coffre sur place, au lieu de
l’emporter ? Ce serait plus pratique, non ?
CATHY :
Je
n’ai pas le moindre indice en ce qui concerne le code d’ouverture. Et pas
question de passer des heures dans le bureau à jouer au jackpot.
BERNARD :
On
amènera le coffre sur un terrain vague, pour le « bricoler » à
notre aise. J’ai tout le matériel nécessaire.
JACQUOT :
Moi, je suis votre homme ! Parole de jacquot !
BERNARD :
Mimile ?
MIMILE :
Ca me paraît correct… J’peux avoir un autre whisky ?
(BERNARD lui sert un second verre)
MIMILE :
Si c'est pas trop indiscret, j’aimerais bien savoir ce qui vous motive sur ce
coup ? Vu que ça n’a pas l’air d’être dans vos habitudes. Et,
croyez-moi, j’ai du flair à ce niveau-là.
BERNARD :
On a des projets, tout simplement. Et un besoin urgent de fric.
CATHY :
J’ai
également un compte à régler avec cette salope de Sonia. J’étais sa
meilleure collaboratrice. Ca ne l’a pourtant pas empêchée de me virer !
BERNARD :
Arrête,
Cathy…
CATHY :
Tout ça uniquement pour m’éloigner de « son » Bernard. Ce beau
commercial, fraichement recruté, et qui, selon elle, avait trop tendance à
tourner autour de moi !
BERNARD :
Oui,
bon, ça suffit maintenant ! Je ne pense pas que ce soit là l’essentiel
du problème.
CATHY :
Excuse-moi…
Ca me rend tellement folle de joie de penser que je vais bientôt partir, non
seulement avec « son » Bernard, mais aussi avec tout son fric.
MIMILE :
Y’a
encore un léger détail qui me tracasse…
BERNARD
(agacé) :
Allons, bon…
MIMILE :
Si on entre dans la fabrique et le bureau de la directrice aussi aisément que
prévu, en neutralisant l’alarme et en ouvrant les portes avec des doubles,
les soupçons vont se porter d’entrée sur des habitués des lieux. Au premier
rang desquels, Madame Cathy, qui a
semble-t-il toutes les raisons d’en vouloir à son ancienne patronne.
BERNARD :
Pour simuler une effraction, on prendra soin de démolir les serrures et le
boitier de l’alarme en partant. De plus, on s’en fout un peu car, le temps
que l’enquête démarre, Cathy et moi on sera déjà à l’abri à l’étranger.
J’ai tout préparé.
JACQUOT :
Heu… ?!
Et nous, Mimile ? Qu’est-ce qu’on va devenir ?!
MIMILE :
Pas de soucis, Jacquot. Personne nous connaît. Et y’aura aucun indice.
Pourquoi tu voudrais que quelqu’un s’intéresse à deux pauvres piliers de
bar comme nous ?
BERNARD :
Pas d’autres questions ? Tout est clair ? Parce que maintenant, il
faudrait que je sache si vous êtes OK ou si vous préférez laisser tomber.
MIMILE :
Mmmmouais…
Ca m’a l’air faisable. Ch’uis partant.
JACQUOT (surexcité) :
Moi
aussi ! Mais… ? On va partager correct, hein ? Y’aura pas
d’embrouilles ? (il
disjoncte)
Parce que quand y’a du pognon, Jacquot, il devient nerveux ! Hein, Mimile ?
Dis-leur, toi, qu’on est pas des rigolos !
MIMILE :
Merde,
fous-nous la paix ! Le partage sera réglo. Et relache tes nerfs. Il
manquerait plus que tu nous fasses une de tes crises quand on sera en plein
boulot.
CATHY : Puisque tout le monde est d’accord, mettons-nous au boulot. Bernard, tu viens m’aider à emballer les affaires
(CATHY va dans la chambre. BERNARD la suit, mais il est interpelé au
passage par MIMILE)
MIMILE :
S’te
plait, mon gars, je pourrais avoir un dernier whisky, pour la route ?
(BERNARD prend la bouteille et remplit à moitié le
verre de MIMILE. Il veut servir la même chose à JACQUOT qui lui tend son
verre, mais MIMILE l’en empêche. BERNARD rejoint CATHY dans la chambre)
JACQUOT : Ben, Mimile ?! Moi aussi, j’ai le droit de me chauffer les muscles
MIMILE :
Ca
suffit. Tu tiens pas l’alcool. Ca ferait que chauffer les muscles de ton petit
cerveau et c’est vraiment pas le moment.
DANS LA CHAMBRE
(CATHY range ses affaires dans une valise, et BERNARD range
les siennes dans un sac de sport)
CATHY :
Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse avec ces deux abrutis ? Un jeune à
moitié débile, et un vieux pénible alcoolique qui n’arrête pas de poser
des questions.
BERNARD :
J’ai pas eu le choix. Des types que j’ai rencontrés, seuls ces deux gogos
ont été d’accord pour me suivre.
CATHY :
Pour un coup aussi facile, je pensais que tu trouverais plus de volontaires.
BERNARD :
Pour
charger un coffre dans une fourgonnette, pas besoin d’avoir affaire à des
lumières. Il nous fallait deux types, on les a.
CATHY :
O.K.,
mon amour, je te fais confiance.
(CATHY embrasse BERNARD)
DANS LE SALON
JACQUOT :
Quel bol ! T’as vu ça ? Trente mille euros chacun, les doigts dans
le nez !
(MIMILE se lève rapidement, saisit la bouteille de whisky,
remplit à nouveau son verre à ras-bord et se rasseoit
aussitôt sur le canapé)
MIMILE :
T’es
encore plus crétin que je le pensais. Parce que tu t’imagines peut-être
qu’on va se contenter de ça ?
JACQUOT :
Qu’est-ce
que tu veux dire ?!
MIMILE :
Qu’on va faire monter les enchères. Après tout, sans nous, ils restent en
rade, pas vrai ? Alors, une fois arrivés au coffre, je vais demander que
notre pourcentage soit revu à la hausse, sinon…
JACQUOT :
Sinon ?
MIMILE :
Sinon, on menace de mettre les voiles sur le champ.
JACQUOT :
Tu
crois qu’ils vont suivre ?
MIMILE :
Sans
problèmes. Crois-moi, Jacquot, ce pognon y z’ont l’air d’y tenir un max.
Et ils peuvent pas se passer de nous. Ch’uis pas dupe. Si on a été pris sur
ce coup-là, c’est parce que le Bernard il a trouvé personne d’autre,
c’est tout. Si on se casse, ils se vautrent dans la confiture.
JACQUOT :
Mimile,
t’es vraiment un pro ! Jamais j’aurais pensé à ça.
MIMILE :
L’expérience,
Jacquot, l’expérience…
DANS LA CHAMBRE
CATHY
: A
vrai dire, ça m’ennuie de leur laisser la moitié du pactole. C’est vrai,
quoi. Soixante mille euros pour transporter un coffre, je trouve le service bien
payé.
BERNARD :
Si
ça peut te rassurer, je n’ai jamais eu l’intention de partager quoi que ce
soit. Sitôt le coffre chargé, je les renverrai à l’intérieur pour qu’ils
cassent les serrures et l’alarme. On en profitera pour se tirer avec les
voitures.
CATHY
:
Hein ?! T’es
dingue ! La première chose qu’ils vont faire, c’est aller nous dénoncer.
BERNARD :
Tu les vois, aller nous dénoncer pour un casse dont ils sont les complices ?
Et expliquer tranquillement aux flics ce qu’ils fichaient à cette heure-là
dans la fabrique ?
CATHY :
Ils pourront dire qu’ils passaient là par hasard, et qu’ils nous ont aperçu
à l’intérieur.
BERNARD :
Du style « on a vu de la lumière, on est entrés » ? Tu te
fais beaucoup d’idées pour pas grand chose. Crois-moi, ces gars-là, c’est
de la petite vermine. Ils repartiront gentiment, sans bruit, honteux de s’être
fait avoir comme des minables.
CATHY :
J’espère
que tu sais ce que tu fais.
BERNARD :
Et
puis, n’oublie pas que, quoi qu’il arrive, dans quelques heures on sera très
loin d’ici.
(Ils
retournent dans le salon. CATHY avec sa valise, BERNARD avec son sac de sport)
DANS LE SALON
BERNARD :
C’est
parti !
(MIMILE et JACQUOT se lèvent)
CATHY
(à Mimile et Jacquot) :
Heu… Vous pouvez nous attendre dans la rue ? J’ai deux ou trois trucs
personnels à voir avec Bernard.
MIMILE :
Comme vous voudrez…
(MIMILE et JACQUOT s’en vont, MIMILE entraînant un JACQUOT au
regard méfiant. CATHY referme la porte derrière eux. Elle s’approche de
BERNARD et l’enlace)
CATHY :
Je
peux savoir où tu m’emmènes en voyage d’amour ?
BERNARD :
Top secret! (il
tapote l’endroit de la poche intérieure de sa veste)
Les billets d’avion sont là, mais pour ce qui est de la destination,
surprise.
CATHY :
Je
te sens assez soucieux… Tu es sûr que ça va ?
BERNARD :
Oui.
Juste un peu d’appréhension avant l’heure H. Le sentiment qu’un imprévu
pourrait se glisser dans le déroulement des opérations. Mais ça va passer,
t’inquiètes pas.
CATHY :
D’autant que j’ai une belle surprise pour toi…
BERNARD :
Ah ?
(CATHY
prend son sac à main et en sort un paquet de fiches)
CATHY :
J’ai
récupéré ces relevés cet après-midi. Ils étaient à l’abri chez une
copine.
BERNARD :
Des
relevés ?
CATHY :
Des relevés comptables. La comptabilité parallèle de l’entreprise de Sonia,
en quelque sorte. Le jour de mon départ, je me suis servie.
BERNARD :
Pourquoi
t’as fait ça ?
CATHY :
Sonia a commis des malversations financières au dépend de beaucoup de monde :
fournisseurs, clients et même employés. Par le biais de faux documents, elle a
fait se volatiliser de grosses sommes d’argent. Qui ont certainement dû
atterrir dans sa poche.
BERNARD :
T’en
es sûre ?
CATHY
: Tu
oublies qu’il y a peu j’étais encore la personne de confiance de Sonia.
Cela me permettait de fouiner dans les comptes de l’entreprise. Petit à
petit, j’ai fini par comprendre le système.
BERNARD :
C’est
fou. Comment des documents aussi compromettants peuvent-ils exister ?
CATHY :
Sonia
a toujours été une grande maniaque. Même pour ses plans foireux, elle rédigeait
des relevés au centime près. Des relevés classés dans des chemises, le tout
caché dans l’isolation du faux plafond, au-dessus de son bureau. Ca, je
l’ai appris en l’épiant discrètement le soir, quand les employés
quittaient la fabrique après leur journée de travail.
BERNARD :
Pourquoi
laisser ces papiers dans son bureau, au lieu de les planquer chez elle ?
C’était tenter le diable, si par hasard…
CATHY :
Son appartement avait été cambriolé deux fois en quelques mois. Elle ne
voulait sûrement pas courir le risque de voir de tels documents se balader dans
la nature.
BERNARD :
Et
qu’est-ce que tu comptes en faire ?
CATHY :
Juste
avant, tu as dis « compromettants ». C’est le terme qui convient.
J’avais conservé ces relevés comme monnaie d’échange, au cas où elle
aurait cherché à me nuire. A présent, c’est pour nous une sécurité supplémentaire.
En cas de pépin, hop ! On menace de tout raconter aux flics.
BERNARD :
Incroyable…
Et tu crois que Sonia s’est rendue compte que ces papiers avaient disparu ?
CATHY :
Possible. Même si ce ne sont pas les relevés les plus récents. Quoiqu’il en
soit, ça m’étonnerait qu’elle ait envie de crier au scandale.
(CATHY enlace BERNARD)
CATHY
: Tu
vois, on a vraiment toutes les cartes en main. Alors, détends-toi…
(CATHY embrasse longuement BERNARD)
BERNARD :
On
peut dire que tu ne laisses rien au hasard. Une vraie pro (rires).
Par contre, il vaudrait mieux que je garde les relevés sur moi. Tête en
l’air comme je te connais, tu serais capable de les semer en route.
CATHY (faussement
vexée) : La
confiance règne, ça fait plaisir… Tiens, sale macho. (elle lui
donne les relevés)
BERNARD :
(il glisse les relevés dans son sac de sport) Là,
ils seront en lieu sûr.
CATHY :
C’est
toi qui le dis (rires).
(Long baiser)
CATHY :
Faut
y aller. Nos deux artistes vont commencer à trouver le temps long.
(CATHY prend sa valise, son sac à main et se dirige vers la
porte. BERNARD lui emboite le pas mais, au dernier moment, il s’arrête)
BERNARD :
Merde ! Le matériel de découpe, pour le coffre ! J’allais
l’oublier sous le lit.
CATHY :
Ouf ! Heureusement que tu y penses. On aurait eu l’air malins.
BERNARD :
En
plus, j’ai même pas préparé le chalumeau ! Bon sang, ça m’est complètement
sorti de la tête. Quel con je fais !
CATHY :
Là,
c’est pas génial…
BERNARD :
J’en
ai pour dix minutes. Ecoute, prends la fourgonnette et va à la fabrique avec
Mimile et Jacquot. Neutralise l’alarme et ouvrez le chemin jusqu’au bureau
de Sonia. Dès que le matériel est prêt, je vous rejoins avec ma bagnole. O.K. ?
CATHY :
Tu
crois que…
BERNARD :
Vas-y, je te dis. On a déjà assez traîné comme ça.
(CATHY embrasse rapidement BERNARD, puis elle sort en trombe.
BERNARD va vers la fenêtre et observe ce qui se passe dans la rue. Au bout de
quelques secondes, il se dirige tranquillement vers le bar, se sert un whisky et
en boit lentement deux gorgées. Puis, il s’approche du téléphone, décroche
le combiné et compose un numéro)
BERNARD :
C’est
toi ?… Comme sur des roulettes… Les relevés ? C’était bien
elle… Pas de problèmes, ils sont dans mon sac… Ils vont bientôt arriver à
la fabrique… Guette-les, et dès qu’ils sont à l’intérieur, t’appelle
les flics… Si ça leur paraît louche que tu te sois trouvée là au bon
moment, tu n’as qu’à dire que t’étais venue récupérer des dossiers et
que t’as surpris les cambrioleurs… C’est ça… Deux types avec Cathy…
J’ai pris soin de choisir les deux plus idiots que j’ai pu trouver… Eux,
par contre, faudra pas trop les charger, ce ne sont que de pauvres guignols…
S’ils me dénoncent ? Pas de soucis, ils ne se doutent de rien. Ils
croiront simplement que je suis arrivé trop tard, après l’intervention des
flics, et que j’ai préféré me mettre à l’abri… Après ? Après,
peu importe. Dans une heure je serai dans l’avion. J’ai les billets dans la
poche. Viens me rejoindre dès que possible… Et ne traîne pas trop, parce que
si tu te fais coincer, avec l’argent pourri que tu stockes un peu partout,
c’est pas demain la veille qu’on se reverra… Où tu dois me rejoindre ?
Surprise, tu verras bien… Bon, je passe de suite déposer ton billet et les
relevés dans ta boite aux lettres… Et surtout, pense à ma petite récompense…
L’amour ne doit pas faire oublier les affaires… Trente pour cent, comme prévu…
Et comment, que je l’ai mérité ce pognon… Avec tout le mal que je me suis
donné pour monter cette histoire…
Et puis, j’ai largement payé de ma personne, si tu vois ce que je veux
dire… (rires)
Jalouse,
va… O.K… C’est ça… A bientôt,
Sonia chérie…
FIN
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