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1
rôle (muet), homme ou femme + 1 figuration + 1 voix-off + 1 fond sonore off
(Le premier personnage, « Pantin », est placé au centre de
la scène. Il reste toujours dos au public. Il danse sur une musique gaie et
entraînante, à la manière d’un pantin désarticulé, ridicule. Il est vêtu
d’un accoutrement également ridicule, style costume bariolé de clown. En
fond sonore off, accolé à la musique, un (son) public virtuel rigole sans
cesse de ses pitreries. Ce fond sonore (musique + rires) baisse d’intensité
au bout de quelques secondes, mais reste présent tout au long de la scène.
Par-dessus, une voix-off plus présente se fait alors entendre. C’est la voix
intérieure de « Pantin ». Une voix lente, calme et posée qui
contraste avec l’hilarité ambiante.)
VOIX
INTERIEURE :
« Expression corporelle… Développement moteur… Stimulation musculaire… Mouvements coordonnés…
(un
temps)
Comme ce doit être beau, une terre sauvage…
Une étendue de solitude, où l’on court
jusqu’à plus de souffle, le visage frappé par un vent
déchaîné qui vous crie aux oreilles que vous êtes vivant.
Courir en liberté, mi-homme, mi-cheval.
Tracer avec ses pas une ligne droite en
pointillés, perpendiculaire à l’horizon.
Courir à en avoir les jambes coupées, tétanisées.
Se laisser tomber, face contre nuages, sur
du sable brûlant ou de l’herbe douce.
Fermer les yeux, pour mieux entendre le
murmure de l’eau fuyant sur une rive.
Les écarquiller, pour s’éblouir de
l’ellipse dessinée par un oiseau de paradis
Comme ce doit être beau…
S’élancer, les yeux brillants, dans les
remous d’un océan émeraude.
Se jeter sur l’arrête des vagues, se
briser…
Rouler, corps démembré entre deux eaux,
dans un orage d’écume.
Se relever, chancelant.
Hurler son bonheur, à en déchirer le
vacarme des flots.
Hurler de tous ses membres, à s’en faire
venir le sang au bout des doigts.
Comme ce doit être beau…
Une phrase murmurée, blanche plume, en
suspension au-dessus d’un public silencieux.
Sentir les palpitations de mille cœurs glisser de l’avant-scène jusqu’au lointain.
Ah, je crois qu’il va falloir que je m’arrête… Oui, c’est là… Voilà, je m’arrête…
(« Pantin » stoppe ses pitreries et salue de façon
guignolesque son public virtuel. Rires et applaudissements se font entendre sur
le fond sonore off.)
VOIX
INTERIEURE :
Comme il doit être beau, ce monde…
Où chaque geste est une œuvre.
Où chaque mouvement est une liberté.
Un monde que
je ne peux décrire…
Que je ne peux écrire…
Si seulement…
(A cet instant, le deuxième personnage apparaît. Il vient prendre
« Pantin » par les épaules et le retourne vers le (vrai) public. On
s’aperçoit alors que « Pantin » est un handicapé mental lourd.
Le deuxième personnage, accompagnant « Pantin » en le tenant par
les épaules, le guide vers la sortie, située à cour ou jardin à proximité
du public. « Pantin » a le visage déformé par les grimaces dues à
son handicap, il boite, a un de ses bras mort…)
VOIX
INTERIEURE (sur le déplacement de sortie) :
Esprit de Rimbaud ! Mânes de Shakespeare ! Délivrez-moi de ce corps !
(hurlé) PAR PITIE ! DELIVREZ-MOI DE CE CORPS !
(« Pantin » et le deuxième personnage sortent. Noir sec.)
A. GIBAUD
Octobre 2003
Texte mis en espace le 25 mars 2004 à Juvignac (France)
par la Compagnie Quintessence
Pantin : Marguerite TARRAL Voix-off : Mylène MARTINEZ
Création le 12 février 2009 à PARIS / Cours Florent
Pantin : Jonathan HUGUENIN
Tous
droits réservés – SACD n° 31435 43
Téléchargez gratuitement "Pantin" en intégralité :
http://www.leproscenium.com/Detail.php?IdPiece=427
ATTENTION !!
Avant toute mise en répétition d'un texte, une demande d'autorisation doit être effectuée auprès de la S.A.C.D., seule habilitée à accorder les droits d'exploitation et de représentation.